Digitalisation des Ehpad et maisons de retraite : quels sont les usages concernés?

Publié le 03-02-2021

Digitalisation des Ehpad et maisons de retraite : quels sont les usages concernés?

Presque un an après le début de la crise sanitaire liée à la covid-19, on constate que la digitalisation des Ehpad est toujours très hétérogène sur le terrain. Notamment parce que l’accès à internet très haut débit reste très inégal selon les zones où se situent les établissements mais également parce que tous les établissements n’ont pas pu saisir, pour des raisons très variées, l’opportunité de mettre en place de nouveaux services et de nouvelles pratiques liés au digital.

Mais sont-ils si nouveaux ces usages? Dans les faits la majeure partie des services que nous allons décrire plus bas n’ont pas émergé de la crise sanitaire, ils existaient déjà avant. La crise a surtout donné un coup d’accélérateur majeur à l’usage du numérique en Ehpad. Il a joué un rôle clef durant le confinement du printemps qui avait pris de court nombre d’établissements, en particulier pour maintenir le lien entre les résidents et leurs proches.

Nous allons revenir dans cet article sur un certain nombre d’usages digitaux – car tout n’est pas que lien social – qui permettent un meilleur accompagnement des personnes âgées, et une efficience accrue des établissements.

Ils peuvent se structurer en 4 grands types d’usage présentés dans le schéma ci-dessous.

1. Suivi des patients et résidents

Dossier informatisé

Le Dossier Résident Informatisé permet de tracer l’ensemble des activités médicales et paramédicales qui concernent un résident. Il donne une vision globale des dimensions soin, vie et animation et intègre les spécificités de l’accompagnement de la dépendance (par exemple les évaluations gérontologiques ou le suivi de la dénutrition). La numérisation du dossier facilite l’accès à l’information et la coordination entre intervenants pluridisciplinaires. La continuité des soins est ainsi assurée et le parcours du résident devient plus fluide et personnalisé.

C’est aussi un puissant outil d’aide à la décision pour le directeur d’établissement. Le dossier résident informatisé est aujourd’hui déployé ou en cours de déploiement dans de nombreux Ehpad, avec des retours positifs des parties-prenantes.

Organisation des visites

Avec la nouvelle normalité, la gestion des visites est devenue une difficulté. Après un confinement total, les établissements ont pu rétablir les visites mais sous la pression de protocoles sanitaires assez lourds. La gestion des visites a ainsi également su profiter du digital et s’appuyer sur des applications facilitant l’élaboration des plannings, l’optimisation des visites sur place mais aussi en visio, dans le respect des plannings et proposant la prise de rdv en ligne sur un portail dédié aux familles et proches.

Surveillance connectée

L’utilisation des objets connectés est une tendance montante de la digitalisation en Ehpad. Loin d’être des gadgets, ces technologies permettent d’accroitre la surveillance du quotidien des résidents tout en préservant leur autonomie. Grâce à des capteurs, la remontée en temps réel d’informations utiles et l’envoi d’alertes permettent de libérer du temps à faible valeur ajoutée pour les soignants et d’accélérer la prise en charge.

Parmi eux, depuis plusieurs étés on entend parler du verre connecté qui retranscrit la consommation d’eau pour permettre aux soignants de prévenir la déshydratation, les cannes ou les pantoufles connectées pour la détection des chutes, ou encore les patchs connectés pour prévenir les fuites urinaires, autant de solutions pratiques qui participent très positivement à l’amélioration des conditions de vie des personnes âgées.

On pourrait également citer les nombreux IoT pour la santé qui monitorent des données médicales spécifiques et détectent des situations anormales, et peuvent quand ils sont couplés à la couche d’intelligence artificielle adéquate prévenir des situations franchement indésirables.

En lien avec la gestion des visites, certains établissements ont installé des caméras thermiques permettant d’interdire l’accès si les visiteurs présentent de la fièvre ou ne portent pas le masque.

2. PROTECTION ET SÉCURITÉ

Assurer la sécurité des personnes accompagnées

En Ehpad, 60% des résidents sont atteints de troubles cognitifs ou de la maladie d’Alzheimer et nécessitent une protection accrue, notamment dans leurs déplacements. Il en va de même pour une partie des personnes en situation de handicap.

Pour assurer cette sécurité, de nombreuses technologies des plus simples au plus pointues existent aujourd’hui et deviennent de véritables assistants de soin pour le personnel. C’est d’ailleurs le deuxième axe d’investissement des établissements médico-sociaux qui souhaitent accroitre la sécurité des résidents tout en restant des établissements ouverts. Parmi les solutions anti-fugue et anti-errance, les bracelets connectés dotés de fonctions de géolocalisation et de communication, favorisent l’autonomie des utilisateurs. Les tapis ou sols connectés détectent les chutes et contrôlent les entrées pour assurer un environnement totalement sécurisé aux résidents. Ou encore, grâce à l’intelligence artificielle, des caméras équipées de reconnaissance faciale permettent de contrôler les accès de l’établissement en général et d’autoriser les entrées/sorties à certains espaces aux seules personnes autorisées.

Simplifier le suivi et la gestion du matériel

La géolocalisation du matériel médical ou paramédical permet d’assurer sa sécurité et d’en optimiser l’utilisation. Le digital apporte aussi de nouvelles solutions pour faciliter les inventaires et la gestion des stocks ainsi que les soins non-médicaux quotidiens. Par exemple le linge connecté, qui repose sur l’utilisation de puces RFID sur les trousseaux des particuliers et le linge de l’établissement, facilite le suivi et réduit drastiquement les pertes et échanges. Un bon exemple d’innovation qui permet de gagner du temps, de l’efficacité et d’améliorer la satisfaction des résidents et de leurs proches.

3. SERVICES MÉDICAUX

Télémédecine

La télémédecine est l’un des usages numériques qui s’est vu le plus favorisé par la crise sanitaire. Elle permet de limiter certains facteurs aggravant la dépendance et la fragilité des personnes, comme les hospitalisations répétées et les déplacements fréquents entre leur lieu de vie et les établissements de santé. Les établissements mettent notamment en place :

  • des téléconsultations entre médecins experts et résidents / familles
  • des téléexpertises pour bénéficier de l’avis d’un spécialiste et de son assistance lors d’un acte médical

La télémédecine permet aux résidents de rester dans un environnement maîtrisé, avec un entourage connu, tout en bénéficiant de compétences médicales au bon moment. Les professionnels au sein des établissements médico-sociaux sont également soutenus dans leurs pratiques.

Interfaçages professionnels

Un nombre croissant de structures développe des liaisons informatisées avec les laboratoires, les cabinets médicaux et les hôpitaux du territoire pour faciliter et accélérer la transmission des informations médicales. L’interopérabilité est l’enjeu majeur de ce volet. En effet la diversité d’applications et logiciels utilisés dans les établissements peut s’avérer un frein important à prendre en compte lors du déploiement des solutions de télémédecine.

4. BIEN-ÊTRE ET STIMULATION

Vie dans l’établissement et lien social

La vidéo-conférence dans sa version la plus basique à la plus sophistiquée fait parties des outils digitaux qui ont sauvé les Ehpad d’un isolement total lors de la première vague de la crise sanitaire. Elle est entrée aujourd’hui dans le quotidien de tous les établissements toujours soumis à la pression des risques de contagion, et le restera comme une option additionnelle pour que les personnes âgées puissent être en contact avec leurs proches.

Cependant il est important de préciser que pour améliorer la qualité de vie du résident et renforcer le lien avec ses proches, certains établissements offraient déjà des services complémentaires dans des environnements numériques adaptés, à l’image des conciergeries dans les établissements de santé : divertissements, réservations de services (coiffures, es thétique…), prestations de restauration etc. La possibilité d’interagir avec ses proches, toutes générations confondues, par le partage de photos par exemple, s’appuie sur des tablettes ergonomiques adaptées aux besoins spécifiques mais aussi sur la télévision, premier média utilisé par le résident.

La crise sanitaire a permis de mettre en lumière (si besoin était) la capacité du digital à apporter des solutions simples et plutôt accessibles pour le bien-être et le bien vieillir des seniors.

Stimulation et animation

Les outils numériques font désormais partie du quotidien des équipes d’animation au sein des établissements médico-sociaux : utilisation de jeux de mémoire sur tablettes, organisation d’ateliers de découverte numérique ou de voyage, robots compagnons, activités motrices, comme par exemple des vélos connectés pour s’évader grâce à des balades virtuelles.

Le digital offre également des supports thérapeutiques qui permettent de stimuler l’activité cognitive de façon ludique, monitorée et progressive. Les programmes sont individualisés et adaptés aux différentes pathologies.

LET’S GO?

Pour conclure, les bénéfices du digital au service des Ehpad, maisons de retraite et tout type de structure accueillant d’une façon ou d’une autre des personnes âgées ne sont plus à démontrer. La question aujourd’hui est de savoir comment démocratiser sa mise en place une bonne fois pour toute.

Chez Wixalia, notre position est la suivante : il faut se lancer. Nous accompagnons chaque structure/organisation dans la définition de son projet d’établissement connecté et trouvons ensemble la digitalisation qui s’adapte à ses enjeux, ses contraintes et ses freins (humains et matériels).